Si un frère se montre récalcitrant ou désobéissant ou orgueilleux ou murmurateur et contrevenant sur quelque point à la sainte règle et aux commandements de ses anciens, avec des manifestations de mépris, ses anciens l’avertiront, selon le commandement de notre Seigneur, une première et une seconde fois en privé. S’il ne s’amende pas, on le réprimandera publiquement devant tous. Si même alors il ne se corrige pas, s’il comprend ce qu’est cette peine, il subira l’excommunication. Mais si c’est une mauvaise tête, il recevra un châtiment corporel.
Chapitre 24 : Quelle doit être la gravité de l’excommunication ?
C‘est à la gravité de la faute que doit se mesurer la portée de l’excommunication ou du châtiment. Cette gravité des fautes est remise au jugement de l’abbé.
Si toutefois un frère se trouve coupable de fautes légères, on le privera de la participation à la table. Celui qu’on aura privé de la table sera au régime suivant : à l’oratoire, il n’imposera pas de psaume ou d’antienne ni ne récitera de lecture jusqu’à satisfaction. Quant à la nourriture de son repas, il la prendra seul après le repas des frères : si par exemple les frères ont leur repas à sexte, ce frère aura le sien à none ; si les frères l’ont à none, il l’aura à vêpres, jusqu’à ce que, par une satisfaction convenable, il obtienne son pardon.
Chapitre 25 : Des fautes graves
Quant au frère qui est coupable de faute grave, il sera exclu à la fois de la table et de l’oratoire. Aucun frère n’entrera aucunement en rapport avec lui sous forme de compagnie ou d’entretien. Qu’il soit seul au travail qu’on lui aura enjoint, persistant dans le deuil de la pénitence, sachant cette terrible sentence de l’Apôtre : " Un tel homme a été livré à la destruction de la chair, pour que son esprit soit sauf au jour du Seigneur. " Quant à la nourriture de son repas, il la prendra seul, dans la mesure et à l’heure que l’abbé aura jugées convenables pour lui. Personne ne le bénira en passant, pas plus que la nourriture qu’on lui donne.
Chapitre 26 : De ceux qui entrent en rapport avec les excommuniés sans permission
Si un frère se permet, sans autorisation de l’abbé, d’entrer en rapport avec un frère excommunié de n’importe quelle façon ou de lui parler ou de lui faire parvenir un message, il subira une peine d’excommunication similaire.